Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a récemment présenté ses préconisations pour favoriser l’emploi durable. Plusieurs leviers ont été définis, comme le recours plus massif aux groupements d’employeurs et aux GEIQ. Le point sur les pistes prometteuses à activer, aussi bien par les pouvoirs publics que par les employeurs.
En 2026, le monde du travail reste marqué par des réalités contrastées. D’un côté, le chômage a reculé ces dernières années, avec une légère remontée au premier trimestre pour atteindre 8,1 % de la population (contre près de 11 % en 2015) ; de l’autre, la pauvreté et la précarité professionnelle progressent, sous l’effet de temps partiels subis, de contrats courts, de revenus irréguliers ou trop faibles… Une précarité qui touche de plus en plus de catégories de la population – jeunes, femmes, seniors, travailleurs peu qualifiés, etc. – , qui s’intensifie dans les territoires défavorisés, et qui concerne la plupart des secteurs d’activité.
Ce constat a incité le CESE à identifier des leviers d’action pour contribuer à davantage d’inclusion économique. En tout, ce sont 20 préconisations opérationnelles et ciblées qui ont été identifiées par les deux rapporteurs, Jean-Marc Boivin, éducateur, représentant de la société civile, et Saïd Hammouche, fondateur du Groupe Mozaïk RH, qui agit contre les discriminations à l’emploi.
Les GE et GEIQ, une solution pour l’emploi durable
Deux axes ont donc été retenus pour lutter contre la précarité professionnelle qui touche une partie des travailleurs. Le premier consiste à « améliorer les conditions de travail et d’emploi et renforcer l’accès aux droits ». Plusieurs recommandations en découlent directement, dont le fait d’inciter les entreprises qui recourent à du temps partiel ou des contrats court à mobiliser davantage les groupements d’employeurs et les GEIQ (Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification) en y adhérant.
D’autres pistes sont avancées, comme le cumul temporaire d’un revenu d’activité et du RSA à taux plein pour éviter les pertes de ressources au moment de la reprise d’activité ; ou encore renforcer l’accès à la formation tout au long de la vie, pour maintenir l’employabilité des actifs. Le rapport recommande également de développer des espaces de concertation pour améliorer les conditions et l’organisation du travail, au bénéfice de chaque salarié.
Des politiques d’emploi plus inclusives, sur les territoires
Le deuxième axe défend l’idée de « s’engager dans une économie plus inclusive pour lutter contre la précarité professionnelle » qui peut toucher toute personne au cours de sa carrière. Cette ambition peut s’incarner, au niveau des décideurs publics, par le déploiement d’une Planification pour une économie inclusive à forte dimension territoriale, portée par la Direction générale des entreprises, et visant notamment à mieux accompagner les entreprises ; par exemple, en les dotant d’outils opérationnels pour développer leur impact social en les rapprochant des bons acteurs.
Un levier concerne notamment la politique d’achats responsables : par exemple en indiquant, dans les modalités d’exécution des marchés de prestations de services, l’obligation du recours au travail en continu et en journée.
Le rapport du CESE recommande enfin de stimuler les politiques inclusives par des incitations concrètes ; par exemple, l’intégration des critères d’inclusion dans les référentiels RSE et la valorisation, par les entreprises, de leurs engagements en faveur de l’emploi durable. Les pouvoirs publics, de leur côté, sont attendus pour contribuer au développement des formes juridiques à visée sociale : SCOP, SCIC, fondations actionnaires, entreprises à mission, co-entreprises sociales…
En guise de conclusion, les deux rapporteurs rappellent les liens entre performance sociale et performance économique – loin de s’exclure, elles sont complémentaires – : « l’inclusion économique, adossée à un dialogue social exigeant, permet de faire du travail non plus une trappe à précarité, mais un levier d’émancipation, de cohésion et de création de valeur durable ».
