Les progrès des outils et des processus, appuyés aujourd’hui sur les innovations digitales, font bien plus que d’améliorer la performance des équipes. Ils permettent aussi de limiter le risque de troubles musculosquelettiques dans chaque entreprise, et chaque entrepôt. Gains d’efficacité et prévention sont donc étroitement liés dans le champ de la logistique dite « intelligente ».
Au sein des entrepôts, la problématique des TMS (troubles musculosquelettiques) est prise au sérieux par les employeurs. À juste titre, d’après les statistiques de la Sécurité sociale : « les TMS représentent 93 % des maladies professionnelles reconnues dans le secteur du transport et de la logistique. Dans ce même secteur, 28 % des accidents de travail sont liés au mal de dos. » Le mal de dos, responsable chaque année de 1,3 million de journées de travail perdues – soit l’équivalent de 2 000 emplois à temps plein –, a des causes de mieux en mieux identifiées. Dans plus de quatre cas sur dix, le port ou le transport de charges est responsable. La question se pose donc de savoir comment limiter au maximum les sources de pénibilité, sur la base de leur analyse, en investissant dans des machines plus ergonomiques et des matériels de pointe.
L’Assurance Maladie a mis en place une subvention Prévention des risques ergonomiques, permettant de couvrir tout ou partie des frais engagés pour l’achat d’équipements ; par exemple, tracteurs pousseurs et timons électriques, roues motorisées, chariots et bacs à niveau constant… Mais d’autres solutions se développent aujourd’hui, pour aller encore plus loin dans l’optimisation de l’organisation et de la charge de travail.
Les atouts des nouvelles technologies
Ces solutions relèvent de la logistique intelligente : elles s’appuient sur les dernières innovations, en lien avec les données – blockchain, big data – pour améliorer l’ensemble des processus et gagner en performance, de la réception des marchandises à la distribution au client final. La logistique intelligente vise notamment à revisiter l’ensemble des opérations pour identifier des leviers de progrès, en renforçant la sécurité et en limitant les opérations les plus exigeantes pour les opérateurs.
C’est là qu’interviennent les logiciels de gestion d’entrepôt, dopés à l’intelligence artificielle, qui visent à réduire les erreurs, à gagner du temps et à optimiser les opérations. Ils vont par exemple concevoir des itinéraires de « picking » (un mode de préparation des commandes consistant à prélever les articles à leur emplacement dans le stock) plus efficients, dans l’idée de définir les parcours des opérateurs les plus pertinents. Le logiciel peut aussi contribuer à améliorer la gestion des emplacements, en respectant les critères définis par le responsable logistique, sur la base des retours des équipes de terrain.
Davantage de robotique au service de l’humain
La logistique intelligente ouvre également la voie à une automatisation renforcée de certains processus et dispositifs, associés aux tâches les plus répétitives. Plusieurs domaines sont concernés, comme les systèmes de transport et de stockage, à l’image des convoyeurs automatiques pour palettes. La robotique s’invite dans de nombreux équipements, des véhicules à guidage automatisé aux robots mobiles autonomes, en passant par les cobots (robots collaboratifs) en charge du déplacement, du tri et du réassort de marchandises.
L’innovation technologique représente de véritables bénéfices pour les opérateurs. Par exemple les bras robotiques peuvent les soulager de tâches potentiellement dangereuses, en déplaçant les articles les plus lourds pour les opérations de stockage, de prélèvement ou encore de chargement dans les camions. L’objectif est donc de viser la complémentarité avec les équipes de terrain : par exemple, les robots mobiles autonomes vont pouvoir amener les marchandises directement aux préparateurs ; ils sont capables de traiter les informations mentionnées sur les emballages, contribuant ainsi à aider les salariés dans les activités de tri, de rangement ou d’inventaire.
Le recours aux nouvelles technologies s’impose de plus en plus comme la norme dans les entrepôts logistiques. Aussi pertinent soit-il, il a tout intérêt à s’inscrire dans une démarche globale d’optimisation et de prévention, ambitieuse, dans laquelle la question des conditions de travail et de la qualité de vie au travail est traitée comme elle le mérite.
