Si le contrat à durée indéterminée reste la norme en France, c’est de moins en moins le cas, notamment pour les jeunes générations. Or il reste associé à de nombreux avantages, aussi bien pour l’employeur que pour le salarié – notamment en termes d’engagement, d’adaptation des compétences et de maintien de l’employabilité. Tour d’horizon des dernières études et analyses d’experts.
D’après le dernier baromètre établi par Hellowork, le marché de l’emploi a enregistré une baisse de 9 % au cours du premier semestre 2026, par rapport aux six mois précédents. Une tendance particulièrement marquée pour les offres en CDI (- 13 %), quand l’intérim recule seulement de 6 % et les CDD de 4 %. La prudence des employeurs semble donc se conjuguer avec une attente croissante de flexibilité.
Or cette défiance des entreprises vis-à-vis de l’engagement à long terme avec les nouvelles recrues pourrait bien impacter le volume de candidatures. C’est ce qui ressort de l’enquête BPO de France Travail : près d’une offre d’emploi sur deux reste sans candidature idéale. 80 % des employeurs mettent en particulier en avant le manque de candidats.
Les moins de 30 ans surreprésentés en contrats précaires
D’autres enquêtes permettent de mieux appréhender l’évolution du recours aux différents types de contrat de travail, et en particulier les modalités d’accès à un CDI. L’édition 2026 du Baromètre social de Silae et Ouest France, basée sur l’analyse des bulletins de paie de plus de sept millions de salariés, révèle ainsi un panorama contrasté : d’un côté, 82,5 % des salariés sont en CDI ; de l’autre, les moins de 30 ans ne sont que 62,8 % dans ce cas. Comme l’expliquent les experts de Silae, « la précarité contractuelle est donc d’abord une précarité d’entrée dans la vie active : un jeune actif sur trois débute dans un contrat précaire ».
En termes d’accès au CDI, c’est l’alternance qui est le tremplin le plus efficace, avec un taux de maintien en CDI dans l’entreprise d’accueil de 10,3 % un an après, soit près du double du CDD. Par ailleurs, le taux de renouvellement des contrats à durée déterminée atteint 32 %, soit six fois plus que le taux de conversion en CDI.
Des bénéfices pour la stratégie d’acquisition des talents
Le constat est donc posé : d’un côté, un accès de plus en plus limité au CDI ; de l’autre, des offres d’emploi qui génèrent moins de candidatures et n’aboutissent pas toujours à une embauche de qualité. Face à cette situation, se distinguer en tant qu’employeur de référence, donc attractif, implique de repenser sa stratégie de recrutement, en misant davantage sur le CDI. Une forme contractuelle qui a de nombreux atouts, aussi bien pour l’entreprise que pour le salarié.
Pour l’employeur, trois intérêts majeurs s’imposent, comme l’explique France Travail : d’abord, l’opportunité de sécuriser ses recrutements, notamment pour les métiers les plus recherchés et les secteurs en tension ; ensuite, le renforcement de l’engagement et de la fidélisation des effectifs clés ; enfin, l’anticipation des besoins – « proposer un CDI vous permet d’adopter une vision plus prospective et d’aligner avec précision vos futurs besoins en compétences ».
Des salariés plus engagés et mieux protégés
Pour le salarié, les avantages en CDI ne manquent pas. Les experts d’Indeed en relèvent cinq principaux :
- Un revenu pérenne, stable, et des droits en cas de rupture de contrat à l’initiative de l’employeur ;
- Une meilleure protection – couverture sociale, salaire minimum, mutuelle d’entreprise… ;
- La possibilité de mieux prévoir et de mieux organiser sa vie personnelle, comme l’obtention facilitée d’un prêt bancaire ;
- Des congés payés, et des temps de repos à des dates prévues conjointement avec l’employeur ;
- Des modalités de contrat qui ne peuvent pas être modifiées sans l’accord du salarié : lieu de travail, rémunération, missions à accomplir, etc.
Un autre bénéfice majeur est associé au CDI, comme le révèle une enquête récente sur les politiques publiques à l’étranger : l’investissement en formation. En 2022, la réforme espagnole du marché du travail, qui a fortement restreint les contrats précaires, a entraîné une augmentation du recours aux formations dans les entreprises les plus concernées par ce changement. Le maintien de l’employabilité, essentiel aux actifs comme à leurs employeurs, est donc favorisé par le CDI. Une raison de plus de le privilégier pour attirer les meilleurs talents !
