Qualité de vie au travail : les bonnes pratiques de la logistique et de l’industrie

La semaine de la QVCT – qualité de vie et conditions de travail –, qui se déroule chaque année en juin, est l’occasion, pour chaque secteur d’activité, de partager des retours d’expérience et de mettre en valeur ses initiatives et démarches. Focus sur des exemples inspirants dans deux domaines, la logistique et l’industrie.

« Parler du travail, c’est productif » : c’est le nom de la grande consultation nationale, la semaine QVCT, lancée par l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) au printemps. Plus de 2 600 réponses ont été enregistrées, révélant que l’organisation du travail et ses conditions d’exercice restent un sujet peu discuté dans le monde de l’entreprise. Les actifs, dans leur majorité, estiment qu’il est essentiel de pouvoir parler en priorité de leur charge de travail, de leur niveau d’autonomie ainsi que des difficultés et aléas qu’ils rencontrent. Or 41 % des répondants n’en parlent que rarement ou jamais, notamment du fait d’un management peu à l’aise sur ces sujets, et de l’absence d’espaces d’échanges adaptés. De plus, quand des discussions existent, elles ne sont pas systématiquement suivies d’effets – par manque de suites données à ces échanges, ou de marges de manœuvre décisionnelles…

« Cette consultation souligne combien nous avons besoin de développer une réelle culture du dialogue – au travail et sur le travail – afin d’en faire un levier de santé pour les personnes mais aussi d’attractivité et de performance pour les organisations, explique Caroline Gadou, directrice générale de l’Anact. Cela suppose de mieux reconnaître ce dialogue du quotidien, de l’organiser avec du temps dédié, des espaces identifiés, des compétences et de s’assurer qu’il débouche sur des décisions et des actions. »

Mobilisation interne, co-construction et expérimentation

Les résultats de cette enquête nationale trouvent un écho de terrain dans une initiative territoriale menée en Normandie par plusieurs acteurs, dont l’Anact, et qui a concerné 10 entreprises de logistique. Les retours d’expérience confirment l’importance de privilégier trois principes clés pour structurer une démarche de QVCT :

  • un réseau d’acteurs mobilisés et coordonnés, à différentes strates de l’organisation – direction, DRH, managers, salariés et instances représentatives du personnel ;
  • des espaces de discussion, dans l’entreprise, pour échanger sur la réalité du travail et de ses conditions d’exercice, avec l’objectif de co-construire des solutions et axes d’amélioration ;
  • le droit à l’erreur, indispensable pour expérimenter de nouvelles pratiques, dans une logique de test et d’évaluation des actions mises en place, avant toute volonté de pérennisation.

L’objectif de cette initiative, DIALOG, visait à allier performance logistique et qualité de vie et conditions de travail, en phase avec les réalités et pratiques de terrain. Plusieurs bonnes pratiques ont été identifiées chez les 10 acteurs de la logistique : par exemple, offrir un cadre bâti fonctionnel, en misant sur l’éclairage dynamique, des zones de circulation adaptées et des espaces de vie agréables ; mettre en adéquation le matériel et les besoins de l’activité ; réaliser régulièrement une revue d’implantation des stocks ; ou encore simuler les flux logistiques, avec les outils digitaux, pour les améliorer.

Au-delà des obligations légales : un enjeu de performance organisationnelle

Du côté des entreprises de l’industrie, plusieurs orientations sont privilégiées pour se conformer aux réglementations en vigueur et agir à la fois en faveur du bien-être des salariés et de la productivité – les deux dimensions étant étroitement liées. Les fondamentaux englobent aussi bien l’aménagement ergonomique des postes de travail que la sensibilisation aux risques psychosociaux (gestion du stress, notamment), l’optimisation des plannings horaires pour gagner en équilibre vie professionnelle – vie personnelle que la prévention des troubles musculosquelettiques, un enjeu majeur de maintien des salariés en bonne santé.

Pour les concrétiser, voire pour aller plus loin en termes d’ambitions et d’innovations, le partage d’expériences de terrain reste incontournable. C’est dans cet esprit qu’une autre initiative locale a été mise en place en Pays de la Loire : des entreprises industrielles en invitent d’autres pour témoigner de ce qui a été réalisé au sein de leurs collectifs de travail, montrer les aménagements effectués et partager des pistes d’action et des ressources.

La QVCT, qui découle avant tout d’un cadre légal et réglementaire (accord national interprofessionnel de 2013 sur la qualité de vie au travail, loi Rebsamen de 2015, articles L.4121-1 à L.4121-5 du Code du travail), repose aussi sur l’investissement qu’une entreprise est prête à engager. Au-delà des moyens financiers, il s’agit principalement d’aligner une organisation du travail efficiente, un management orienté sur le bien-être des équipes et une politique dédiée à la QVCT, structurée et répondant à l’ensemble des besoins métiers.

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