logistique du futur 2030

Logistique 4.0 : trois priorités pour 2030

Pour gagner en compétitivité tout en limitant son empreinte environnementale, le secteur de la logistique entame sa réinvention, avec le concours des dernières technologies et de nouvelles modalités opérationnelles. Des ambitions qui s’inscrivent directement dans un récent appel à projets lancé par l’Ademe pour soutenir des projets de transformation innovants, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème.

Soutenir la filière logistique en France en ciblant trois besoins prioritaires : la digitalisation, la transition vers des chaînes logistiques plus écologiques et l’adaptation aux changements climatiques. C’est la principale ambition de l’Ademe (Agence de la transition écologique) avec son appel à projets  « Logistique 4.0 », dans le cadre de France 2030, qui s’adresse aussi bien à des entreprises seules qu’en collaboration, notamment avec des organismes de recherche, mais aussi à des établissements publics et des collectivités. Les projets sélectionnés en 2026 bénéficieront de subventions pour être menés à bien. L’objectif ? Expérimenter des solutions innovantes avant de les déployer à plus grande échelle, dans chaque territoire, au profit de tous les acteurs de la logistique, du transport aux entrepôts.

C’est tout l’avenir du secteur qui se joue. Comme le précise l’appel d’offres, « le développement d’une “logistique 4.0” répond aux enjeux d’amélioration de la compétitivité de la chaîne logistique en France et d’amélioration de son impact environnemental », déjà inscrits dans la Stratégie logistique nationale lancée en 2022.

Renforcer la digitalisation des chaînes logistiques

Un défi prioritaire consiste à exploiter les opportunités du numérique et de l’intelligence artificielle en misant notamment sur le Big Data – d’énormes quantités de données dont l’analyse peut permettre d’identifier des axes d’amélioration. Il s’agit par exemple de tirer parti des données pour optimiser la gestion opérationnelle et administrative de la chaîne logistique, tout en garantissant leur intégrité et leurs conditions d’accès et de partage. Le potentiel du numérique est vaste, couvrant de nombreux domaines – des véhicules routiers aux opérations de fret multimodal, en passant par les interfaces entre la manutention en entrepôt et les opérations de chargement, de déchargement et de transport.

À terme, le numérique va également renforcer la sécurité et la performance de la chaîne logistique, par exemple en améliorant la traçabilité des flux entre ses différents maillons, et en optimisant la gestion de ces flux. Un autre axe de progrès concerne la coordination, voire la mutualisation, d’installations logistiques sur un même territoire : zones de report modal (transfert d’une partie du transport de la route vers le rail et les voies navigables), optimisation des espaces de stockage vacants au sein d’entrepôts…

Privilégier des chaînes logistiques durables

D’après les estimations de l’Ademe, la logistique représente 10 % des émissions de GES nationales. Des marges de progrès existent, en particulier sur le dernier kilomètre. Les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone, qui vise une décarbonation quasi-complète en 2050, appellent donc de l’innovation pour y parvenir. La transition vers une logistique durable implique de mobiliser plusieurs leviers, comme l’électrification des moyens de transport routier et le développement de la cyclologistique*. Autant de pistes qui nécessitent des investissements pour renforcer les filières de production de véhicules électriques ou de vélo-cargos. Un autre axe de travail est l’amélioration de l’efficacité des circuits courts, en misant sur l’optimisation et la mutualisation de la chaîne logistique. Les livraisons par drone et la réduction du vide transporté dans les colis représentent d’autres leviers, parmi d’autres, qui concrétiseront la logistique 4.0.

Un troisième défi, étroitement lié au précédent, consiste à adapter la logistique aux changements climatiques qui affectent de plus en plus souvent – et fortement – les territoires. Les réponses restent à inventer ; elles appellent d’abord une prise de conscience des acteurs de terrain pour créer des solutions innovantes, collaboratives, notamment pour faire face aux événements climatiques extrêmes et limiter leur impact sur la chaîne logistique.

La logistique de demain, et donc la performance du secteur, dépendra de la manière dont les entreprises s’empareront de ces défis – transformation numérique, transition écologique, résilience environnementale. Un challenge collectif dans lequel les groupements d’employeurs ont un rôle à jouer.

* activité commerciale de transport de marchandises à vélo

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