Robotique collaborative, réalité augmentée, intelligence artificielle… Les innovations techniques et digitales s’invitent progressivement dans le quotidien des entreprises industrielles, améliorant les processus de production et accompagnant le travail des opérateurs. L’objectif : tirer le meilleur parti des technologies de l’industrie 4.0 en redonnant toute sa place à la compétence humaine.
Confrontée à de nouveaux défis – transition environnementale et durabilité, transformation numérique, concurrence accrue, attractivité des métiers… –, l’industrie initie une nouvelle phase d’évolution, qui mise sur de nouveaux fondements. Sa version 4.0 a mis l’accent sur la digitalisation, la connectivité, l’automatisation. La version 5.0 qui s’engage cherche à aller plus loin en replaçant l’individu au cœur du processus, avec l’appui des dernières avancées technologiques.
Comme le résument les experts de Bpifrance, « l’objectif est d’allier performance économique, durabilité environnementale et bien-être des employés. Les nouvelles technologies comme la robotique ou l’intelligence artificielle sont des instruments sur lesquels les entreprises peuvent construire des chaînes de valeur plus efficaces et personnalisées. »
Un recentrage sur la collaboration Homme-machine et le développement durable
Trois piliers sont essentiels à l’industrie 5.0 : d’abord, un recentrage sur l’humain – les compétences, la créativité, la contribution au processus d’amélioration ; ensuite, la flexibilité des systèmes industriels, qui portent en eux-mêmes une capacité d’adaptation au changement ; enfin, le développement durable – une exigence croissante des clients –, avec une prise en compte indispensable de la responsabilité environnementale du secteur. Pour concrétiser ces ambitions, plusieurs technologies récentes ont un rôle clé à jouer.
C’est le cas emblématique de la robotique collaborative ; l’utilisation de « cobots », ou robots compagnons, dotés de capacités avancées de perception de leur environnement, s’impose pour effectuer des tâches spécialisées, répétitives ou délicates à opérer. L’interface homme-machine, au cœur de l’industrie 5.0, s’exprime également avec les techniques de réalité augmentée (RA) ou virtuelle (RV). Les premières équipent par exemple des lunettes intelligentes qui vont afficher des données utiles à l’exécution humaine d’une tâche (instructions, informations complémentaires, etc.). Du côté de la RV, le recours à des casques virtuels, très utile en formation sur le terrain, permet à des équipes distantes de collaborer dans des environnements numériques partagés.
Les atouts de l’intelligence artificielle pour renforcer l’efficacité opérationnelle
D’autres technologies peuvent accompagner les opérateurs de l’industrie, comme l’impression 3D qui permet de créer rapidement, et à moindre coût, des prototypes ou des composants spécifiques, dans une logique de sur-mesure – et en utilisant le moins de matériaux possibles, minimisant ainsi leur gaspillage. Par ailleurs, les outils digitaux utilisés pour superviser la production représentent aussi un intérêt majeur : grâce à l’analyse des données, ils améliorent le pilotage, anticipent les pannes, repèrent des anomalies, et contribuent ainsi à sécuriser et à optimiser les flux.
C’est l’un des atouts de la principale révolution numérique qui s’impose aujourd’hui, comme dans d’autres secteurs d’activité : l’intelligence artificielle. Ses bénéfices sont nombreux. Ils concernent notamment l’automatisation d’activités répétitives, permettant aux opérateurs d’exprimer leurs compétences sur des tâches à plus haute valeur ajoutée. Un autre volet est l’analyse prédictive, qui repose sur des modèles d’apprentissage avancés ; grâce à elle, l’entreprise peut gérer plus efficacement les besoins de ressources, mieux planifier les opérations de maintenance, et ainsi améliorer son efficacité opérationnelle.
L’industrie 5.0, une révolution en cours
Comment les acteurs industriels s’emparent-ils de ces nouvelles technologies ? Comme le révèle le dernier Baromètre industrie 5.0 réalisé par le cabinet Wavestone, le processus est largement engagé dans les entreprises françaises du secteur. Deux tiers d’entre elles intègrent des préoccupations environnementales à leurs programmes de transformation digitale, et elles sont près de trois quarts à prendre en compte les conditions de travail et les aspects RH dans leur approche – réduction de la pénibilité, développement des compétences, amélioration de la sécurité, etc.
En termes d’intégration de l’IA, plusieurs dimensions sont déjà largement transformées, en particulier la chaîne d’approvisionnement (amélioration des prévisions), la maintenance (diagnostic avancé et prédictif) et la qualité (notamment le volet traçabilité).
Si les avancées sont donc réelles, plusieurs freins restent à lever pour aller encore plus loin dans l’industrie 5.0 : en particulier, l’intégration des technologies dans le quotidien des équipes ; la formation des opérateurs et la conduite du changement ; et bien sûr des investissements conséquents, que toutes les entreprises ne peuvent se permettre.
