changement métier slasheur

Horaires décalés : un atout pour un autre projet professionnel

Le « slashing », c’est-à-dire le fait d’exercer plus d’un métier en parallèle, concerne aujourd’hui plus d’un actif français sur huit. Cette tendance, qui s’impose durablement dans le paysage de l’emploi, peut séduire des salariés mis à la disposition de groupements d’employeurs pour lancer ou conserver une deuxième activité. Si la formule présente de nombreux atouts, elle appelle aussi des points de vigilance pour être réussie.

Depuis 10 ans, David propose des services de développement web et de communication digitale à ses clients. En tant que travailleur indépendant, il lui arrive de subir des « mauvais payeurs », et ces factures impayées auraient pu entraîner la fin de son activité. La solution ? Exercer des missions complémentaires, offrant un revenu fixe et des horaires compatibles avec le maintien de son cœur de métier.

« Depuis deux ans, je remplis une mission de facteur à La Poste, qui m’occupe de 7h45 à 14h. Je l’avais déjà envisagée, et cela s’est concrétisé en 2023 avec une offre d’emploi diffusée par 1PACT. » Le processus de sélection, assuré par le responsable de GE, ayant été concluant, David a donc rejoint les effectifs mis à disposition chez La Poste ; le matin, il exerce le métier de facteur ; l’après-midi, il se consacre à ses clients. L’exemple de David illustre les possibilités de double activité permise par des horaires décalés. Il s’inscrit aussi dans une tendance plus large, celle des « slasheurs », d’après le terme popularisé en 2007 par l’essai One Person / Multiple Careers, de Marci Alboher. Un terme anglais relatif à la barre oblique (« slash »), et qui décrit la situation professionnelle de nombreux actifs français.

Une activité entrepreneuriale dans un cas sur deux

Une étude conduite régulièrement par le Salon SME permet d’en savoir davantage sur les profils concernés, leurs attentes, leur vécu multiprofessionnel. D’après la dernière édition, parue en 2025, la formule a connu un pic en 2022, lié à la crise sanitaire, avec un actif sur quatre. Désormais, elle concerne 4,3 millions de personnes en France, ce qui représente 15 % des actifs. Les slasheurs sont sur-représentés chez les 18-34 ans et dans la population masculine. Si l’engouement a tendance à décliner avec l’âge, le choix de la multiactivité n’est pas nécessairement transitoire : parmi les actifs concernés, 37 % la pratiquent depuis au moins trois ans.  

Sans surprise, une activité entrepreneuriale est souvent en jeu dans le slashing ; d’un côté, un statut d’indépendant (auto-entrepreneur, entreprise individuelle…), pour avoir la liberté de lancer un projet ou lui permettre de se pérenniser ; de l’autre, un emploi salarié, qui assure une stabilité financière. La multiactivité comme choix reste largement dominant : seuls 7 % des actifs concernés s’y sentent contraints. Pour Alain Bosetti, président du Salon SME, « le slashing est devenu une organisation pérenne et choisie du travail, à l’intersection de l’emploi salarié et de l’entrepreneuriat. Il dévoile de nouvelles dimensions pour les individus, les entreprises et les écosystèmes d’accompagnement en nourrissant cette transition. »

Une formule exigeante, qui implique rigueur et sens de l’organisation

Si la multi-activité présente des avantages certains, notamment quand l’un des deux métiers s’exerce en horaires décalés, la formule reste exigeante ; elle mérite donc d’être mûrement réfléchie, comme le confirme David : « Une double activité est par principe très chronophage, ce qui limite le temps disponible pour la prospection commerciale. Il est important de bien concilier les deux activités ; mes clients savent que je ne suis pas disponible le matin. Si on ne réussit pas à compartimenter, il y a un risque d’empiétement et, in fine, de ne remplir aucune des deux activités de manière totalement satisfaisante. » Les attentes de chacun en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et la place des obligations familiales, doivent également entrer en ligne de compte avant de choisir de se lancer.

Gains de flexibilité, enrichissement des expériences et des compétences, diversification des revenus… Les intérêts du slashing ne manquent pas, à condition d’être organisé, rigoureux, pour éviter toute surcharge de travail difficilement gérable à long terme.

Vous recherchez du travail ?

Consultez nos offres

Vous cherchez à recruter ?

Contactez nos équipes